Du Lot à l’Exo par Julien de la Vega

« Comment une passion pour la pêche peut nous amener à partir à l’aventure et changer de vie ? Julien nous raconte … »

Sandre par Julien de la Vega

FF: Alors, qui est Julien de la Vega ?

JDLV: Je suis un pêcheur passionné par la capture de tous les poissons quelle que soit leur taille ! Je pêche depuis mon plus jeune âge. Mes parents me racontent que je pêchais alors que j’avais encore des couches culottes (à 3 ans). Et depuis je n’ai jamais arrêté !

FF: Qui t’a donné cette passion de la pêche ?

JDLV: Mon père, mon grand-père et mon grand frère. Ils y ont tous contribué. Mon père reste quand même la personne principale.

Au tout début je pêchais comme beaucoup au coup les vairons et goujons en rivière et les gardons, rotengles, brèmes, carpeaux, etc … en étang. Vers l’âge de 6 ans j’ai eu mon premier lancer, et tout s’est très vite enchaîné jusqu’à environ l’âge de 8 ans où j’ai attrapé ma première truite sur la canne à mouche de mon père (35cm).

Le noël qui suivait le père noël m’apportait ma première canne à mouche (une Garbolino en 8″6 soie de 5).

Dès que je pouvais, je la prenais pour m’entraîner dans le jardin !

FF: Tu pêches encore avec ton père de temps en temps ?

JDLV: Oui très souvent, dès qu’on peut en fait. Suivant la période, on se fait des truites au fouet, des bass en surface ou encore du sandre en verticale. Il est venu au Gabon lorsque j’y habitai et il y a fait pas mal de poissons au lancer. D’ailleurs, j’y ai fait mes premiers tarpons en sa compagnie.

En 2013 nous sommes partis en Alaska ensemble pêcher les King Salmon sur la Karluk (Rivière de l’île de Kodiack). Un moment inoubliable, riche en émotions et en poissons !

 

King Salmon par Julien de le Vega

FF: Tu es donc passé de la pêche en France à la pêche à l’étranger ?

JDLV: La pêche en France me satisfaisait amplement. Chaque année était réglée comme une horloge, chaque mois avait sa pêche ! Entre les carpes, les silures, les sandres, black bass et brochets du Lot (j’ai grandi sur ses berges dans le 47) et toutes les pêches que je pouvais faire ailleurs sur le territoire (truite, carpe et carnassiers), je m’éclatai.

Mais un jour un ami a commencé les voyages en Exo. À chaque retour de voyage, il me faisait rêver. J’étais étudiant et c’était impossible de me projeter sur un voyage de ce type car c’était trop cher. Un ami de mon grand frère avait déménagé de la France vers le Gabon et je discutais régulièrement sur internet avec lui. Un jour, il m’a dit : « si tu te payes ton billet d’avion je t’héberge chez moi et je te présenterai à quelques pêcheurs du coin ».

J’ai combiné tous les jobs étudiants possible pour pouvoir y arriver et le 31 Juillet 2007 je décollais pour le Gabon âgé de 22 ans.

FF: Donc au départ, tu es parti pour la pêche, le temps de prendre des vacances ?

JDLV: Oui à la base je suis parti uniquement pour pécher (4 semaines), mais on m’a très rapidement proposé du travail. Je venais juste d’avoir mon BTS j’ai donc tenté l’expérience. De boulots en boulots j’y suis resté 7 ans. Pendant ces 7 années j’ai exercé des pêches que je ne connaissais absolument pas : fast & slow jigging, surfcasting, traine, etc …

Red Snapper par Julien de la Vega

FF: As-tu du complètement réapprendre à pêcher, ou bien as-tu profité de ton savoir-faire en eau douce pour appréhender les poissons marins ?

JDLV: Absolument pas ! Tout ce que j’avais appris en eau douce m’a donné de solides bases pour l’exotique.  Au tout début j’ai beaucoup appris des pêcheurs locaux et je me suis très vite adapté. Le plus dur a été de connaitre les poissons, leurs comportements, leur période de pêche, afin d’adapter toutes mes connaissances pour les pêcher. Mais clairement, toutes les pêches que j’effectuais en eaux douces m’ont servi en Exotique.

FF: Quelle reste ta plus belle expérience de pêche au Gabon ? Et ailleurs ?

JDLV: Ma plus belle Expérience au Gabon ? C’est très difficile, il y en a trop. Peut-être un marlin bleu de près de 400lbs tout seul a 40km des côtes dans un bateau de 5.40m. Ou mon premier sailfish, mon premier tarpon, mon premier capitaine, tous mes premiers poissons exo en fait. Autour de chaque premier poisson il y a une histoire. Comme le premier king salmon à la mouche en Alaska avec mon père, un moment très riche en émotions (entre père et fils) que je n’oublierai jamais.

Bull Shark by Julien de la Vega

FF: Quel conseil donnerais-tu à un pêcheur Européen pour un premier voyage Exo ?

JDLV: Il faut être sûr de tout son matériel car on le surexploite très souvent. L’exotique c’est une dimension différente de ce que l’on connait de la pêche en métropole. C’est beaucoup plus de sensations fortes et de spectacle ! Aussi, derrière un voyage de pêche, il y a souvent une grosse expérience personnelle, Tout est nouveau et très différent de ce que l’on connait (les mentalités, les cultures, les gens, etc …). Généralement on y laisse un petit morceau de soi, ce qui fait qu’on y repense très souvent !

Pourtant ça ne remplace pas la pêche en Europe et quand j’étais en Afrique, je rêvais d’un bon coup du soir en sèche sur la Garonne, ou d’une grosse semaine de pêche à la carpe en rivière…

FF: Du coup, prends-tu toujours autant de plaisir à pêcher des poissons plus modestes en France par ex ?

JDLV: Honnêtement, au tout début c’était difficile. J’avais du mal à revenir sur la finesse de la pêche qu’on exerce en Europe. Mais c’est très vite revenu et j’apprends encore beaucoup de chose en eau douce que je pourrai utiliser sur des voyages en exo.

FF: Que penses-tu du partage dans la pêche ? Comment vois-tu la pêche évoluer les prochaines années ?

JDLV: Le partage est un élément clef de la pêche car il fait clairement progresser. Beaucoup de pêcheurs ont tissé leur réseau au-sein duquel ils partagent leurs astuces, leurs spots de pêche, leurs leurres ou appâts fétiches etc… Chose que je fais avec mes amis, je partage mes infos « pêche » sans limite. Il y a aussi le partage de la passion qui me plait beaucoup. Par exemple, faire découvrir la pêche à quelqu’un qui ne pratique pas ; ou tout simplement faire découvrir une technique ou un type de pêche à un ami etc …

La pêche a beaucoup changé en 15 ans. De manière générale ce changement reste positif, les pêcheurs prennent de plus en plus conscience de la fragilité de notre terrain de jeu donc ils le préservent. Mais l’impact que nous y avons déjà infligé et ce que les pêcheurs pro continuent à faire me fait peur. Rajouter à ça les pollutions, les violentes crues que nous subissons depuis plusieurs années dues en partie à l’agriculture intensive, le drainage des sols etc. .. J’aimerais être optimiste, mais j’ai beaucoup de mal.

Enregistrez vos prises en un clic avec FishFriender

FF: Que dirais tu à ceux qui nous lisent à propos de FishFriender, quel bénéfice peuvent-ils avoir à télécharger et utiliser l’appli ?

JDLV: Le coté réseau social spécial pêche est super sympa avec le partage du matériel utilisé ! Je n’ai pas vu une appli le faire pour notre loisir, mais je pense que le plus utile reste la fonction carnet de pêche super précis. Le fait de réunir toutes les informations (météo, marée, lune) lors d’une capture peut facilement nous aider à tirer nos propres conclusions. On peut par exemple faire le lien entre plusieurs sorties de pêche réussies et une association météo/marée/lune. C’est loin d’être négligeable quand on sait que ce sont ces éléments qui rythment notre passion.

Et n’hésitez pas à suivre mes pêches et à me demander comme ami sur mon profil 😉

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