Watafish, dans la vibe de l’entreprenariat à la Francaise

« Chez FishFriender, on aime l’entreprenariat, l’innovation et la prise d’initiative. Alors quand il s’agit de design Francais, on essaye d’en savoir plus. C’est ainsi que nous avons rencontré Ben Rabay, fondateur de Watafish et concepteur de la GroovePerch. »

Mise à jour : depuis l’interview, Ben a enfin commencé à vendre ses leurres, n’hésitez pas à aller faire un tour sur son site : http://www.watafish.com

FF : Salut Ben, peux-tu te présenter brièvement en tant que pêcheur ?

BR: Hello. Je suis Ben, j’habite en région parisienne, et je pêche uniquement au leurre, depuis 5 ans. Quand j’étais gamin on pêchait la grenouille de l’étang avec une sauterelle accrochée à un fil, ça compte ?

Ma pêche de prédilection, c’est le leurre souple en 3 pouces, en linéaire et en drop 15g dans le courant de la seine.

Mon délire c’est les baby tarpons, carangues et barracudas dans les marinas quand je vais en vacance en Guadeloupe y voir des amis. Ces poissons sont voraces et tellement énergiques, que du bonheur.

FF :  Tu arrives à pêcher en vacances ? Plutôt seul ou tu arrives à motiver ceux qui t’accompagnent ?

BR: Un peu quand même ! J’ai réussi à faire venir ma femme sur une sortie avec un guide de pêche justement là bas, et elle a aimé la promenade. D’ailleurs quand elle m’emprunte la canne pour essayer, elle a des touches systématiquement, et ne veut plus me la rendre ! mais ça s’arrête là…

FF: Quel matériel utilises-tu en général ? Comment t’es venue l’envie de concevoir tes leurres et créer une marque ?

BR: Avant de créer Watafish®, j’ai beaucoup pêché au Rockvibe et un peu au One up ou au Easy shiner, parce que ce sont des valeurs sûres, mais aujourd’hui je n’y trouve plus mon compte. J’aime en demander beaucoup à un leurre et ils ne répondaient plus à mes exigences les plus pointues. Je pense que les gars comme FTF, Ultimate ou Wayof ont fait un très bon boulot à moderniser l’image de la pêche sportive en France, la rendre plus hype, et en montrer le réel aspect technique, mais leur métier c’est d’importer du matériel.

J’ai eu envie de jouer dans l’autre sens : J’ai créé Watafish® parce que je suis un créatif et que j’aime partager mes projets avec les gens, surtout depuis que j’ai des résultats de fou avec mes propres produits ! Ça me donne une ambition et un projet à long terme : faire jouer le leurre à la Française dans la cour des grands à l’international.

Ça m’a aussi offert une vision globale et détaillée de ce qu’est le lancement d’un leurre souple, et même si j’aime bien de temps en temps me payer la tête de mes concurrents sur mes réseaux sociaux personnels, cette fois ci je prends leur défense en voyant tout ce que cela coûte de mettre un produit sur le marché, ce qui légitimise un peu les prix pratiqués…

Les premiers coloris des Grooveperch bientôt disponibles

FF: Tu es architecte de formation, est ce que cela t’a apporté un plus pour ton projet ?

BR: Je suis architecte et designer, et créer c’est mon métier. Alors c’était plutôt aisé de m’y mettre : je maitrise les outils de 3D, de simulation de fluides et matériaux. C’est un atout pour offrir aux produits leur caractéristiques les plus ambitieuses comme nager dans 15cm d’eau sur 40cm de distance ! c’est ce que j’appelle le test du bac à linge propre parce que c’est avec ce bac que je fais mes tests de nage. Plus concrètement, c’est assez satisfaisant de voir que le comportement en simulation est quasiment identique à la réalité. Les mecs qui font des logiciels sont forts et encore une fois, ça doit venir de ma tendance à vouloir pousser les limites des performances des produits.

FF: Le milieu de la pêche est assez concurrentiel, tu as rencontré des obstacles, des personnes qui te mettaient des arrêtes dans les nageoires?

BR: Je suis sorti de nulle part avec mon produit, et je suis passé par un canal très social : pour l’instant je n’ai eu que des retours positifs. Au début, la concurrence ne devait pas me considérer comme tel et me prendre au sérieu vu que je débarque, mais depuis que la Grooveperch fait le buzz avec les 3.000 prototypes qui ont fait le tour de la france et qui sont même arrivés à 10.000 km d’ici, je sens que les sponsos et les distributeurs des autres marques se penchent dessus ; les notifications des réseaux sociaux ça ne ment pas !

J’ai volontairement commencé avec des prototypes aux finitions dégueux, pour que les gens voient que c’est fait pour attirer du poisson et non du pêcheur. Si certains ont des retours négatifs dessus, ils n’ont pas eu le courage de me le faire savoir directement. Je suis passé du coté consommateur au coté créateur, pour me faire une idée de ce qu’est le commerce dans la pêche, et je ne suis pas déçu. En renvoyant une image positive, on ne reçoit que des retours positifs !

FF: Tu axes ta comm sur la pêche entre potes, avec tes fameux wataboys. C’est quoi l’idée? Comment vois tu évoluer Watafish dans le futur ?

BR: La pêche c’est toujours plus sympa à plusieurs, ne serait ce que pour prendre en photo son brochet qui glisse des doigts !

La Watabande, ce sont les gens qui ont cru en premier à mon projet : Fabien, qui a été le tout premier, et de fil en aiguille les autres. Une équipe de pro staff je trouve ça inadapté à une marque qui débute vu que j’ai lancé ça avec mon argent de poche. Avec le temps il y en aura surement mais ils ne remplaceront pas les piliers de cette marque. Ils sont la trace qui rappellera aux gens dans 15 ans que Watafish est né d’un esprit relax et a pour vocation de ne pas prendre les choses trop au sérieux.

Chacun a sa spécialité :  l’un au drop, l’autre beaucoup en grattant le fond, un autre en surface… Cette équipe permettait de pousser la Grooveperch dans tous ses retranchements et de montrer que dans leurre souple, il y a « souple » au niveau de l’utilisation.

Ma plus grande ambition c’est de pouvoir créer des jobs fun… c’est pas demain la veille, mais si j’y arrive j’en serai assez fier.

Fabien avec un magnifique brochet pris sur un proto Watafish

FF: Quel serait le voyage de pêche de tes rêves et quel matériel emporterais tu si tu avais un budget no limit ?

BR: J’irai là d’où je viens, à Madagascar, pêcher la Carangue GT avec une Grooveperch 9″ ! Oui, elle existe en proto dans mes tiroirs ! Et alors pour l’ensemble à utiliser, je ferai confiance à un guide qui nous y emmène, parce qu’en matos pour ça, je n’y connais rien ! Je serai même tenté de mettre à l’épreuve ma petite nouvelle Daiwa Exceler 60-120 Juste pour le challenge de la voir plier jusqu’à sa dernière limite de réserve.

FF: Une anecdote à raconter ?

BR: Quand j’ai commencé à pêcher au leurre, j’ai détesté le leurre souple parce que je les perdais tout le temps, et pendant 1 an, je ne trimbalais que des leurres durs. Et puis décrocher 2 triples et avoir a changer de leurre pour changer d’action ça m’a gavé ! alors j’ai commencé à me remettre au souple !

FF: Comment as tu connu FishFriender et qu’en penses-tu ?

BR: J’ai connu Fishfriender parce que deux copains m’en ont parlé, et ça tombait bien, parce que cette année je comptais commencer à tenir un carnet de pêche sur Excel, pour noter les conditions météo, lune, etc… de mes prises ! Finalement c’est automatique. J’espère qu’avec le temps il y aura moyen de croiser les infos et de voir des stats, par exemple, à quelle pression atmo est ce qu’on chope le plus, etc…

FF: Et une dernière question ? Le nom Watafish et ton fameux signe, ça vient d’où?

BR: Quand on a une touche, on reçoit une décharge d’adrénaline, comme un « what the f*ck ! ». De fil en aiguille, what the fish, WHAT A FISH !  Le préfixe wata permet de déconner un peu et sortir des wataconneries régulièrement !

Il fallait un logo qui claque, un truc qui reste en mémoire et qui ressemble à un W. J’étais en train de designer les rainures de la Grooveperch quand j’ai vu que ça faisait comme un W, des griffes pour le coté prédateur, alors je me suis dit « PARFAIT ! »

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