Pêcher la Carangue Grosse Tête (Caranx Ignobilis)

Description de la Carangue Ignobilis 🤓

Comme la plupart des carangues, l’ignobilis a un corps comprimé, musclé. Il se dégage de sa silhouette une impression de puissance. Sa tête tout en hauteur est largement convexe. La mâchoire inférieure est proéminente. En plongée, le regard d’une ignobilis est impressionnant de puissance et de force. Son corps est élevé. Un signe distinctif est la longueur de ses pectorales. La première nageoire dorsale est petite, elle est constituée de quelques épines particulièrement solides et pointues. Il faut noter aussi la quasi-symétrie entre la nageoire dorsale et la nageoire ventrale. La nageoire caudale est rigide et fortement échancrée. Elle reste assez peu volumineuse. Au niveau de la queue il faudra faire attention aux écailles proéminentes qui sont très coupantes et dangereuses.

Sa coloration est variable. Souvent avec des dégradés de gris sombres au gris largement argenté. Sur le dos il est parfois possible d’observer quelques zébrures argentées. Il existe des ignobilis toutes noires. Contrairement à ce qu’annoncent des guides, ce n’est pas une sous espèces. Mes nombreuses observations montrent que ces poissons sont pratiquement tous des mâles avec de la laitance.

Où pêcher la Carangue Ignobilis 🌍

C’est une espèce typique de l’Indopacifique.  Sa répartition commence en Afrique du Sud, côté Océan Indien. Elle remonte tout au long de la Mer Rouge et peuple également l’Inde et ses archipels. Puis elle englobe l’Australie et remonte jusqu’au sud du Japon, où l’île de Tokara reste une référence. Sa présence s’étend jusqu’aux îles Océaniques, Polynésie & Hawaï. De ce fait, la côte Pacifique d’Amérique du Sud est totalement dépourvue d’Ignobilis. Sa densité est très inégale selon les destinations. Cela va de quelques spécimens qui se rencontrent de manière erratique à une espèce dominante.

  J’ai pêché les ignobilis dans de nombreux pays et j’ai eu de fantastiques sessions au Nord et au Sud de Madagascar, à Rodrigues, aux Philippines, au Mozambique et en Tanzanie, au Soudan, à Mayotte également, puis dans plusieurs Îles Océaniques comme Kiritimati ou les Îles Cook. Mais c’est sur les îles extérieures des Seychelles et surtout à Djibouti que j’ai vu les plus grandes concentrations d’ignobilis de tailles impressionnantes.

Heureux sont ceux qui ont su en profiter lors de ces voyages inoubliables…

Taille et poids de la Carangue Ignobilis ⚖️

Il est possible le long des côtes de trouver des bancs d’ignobilis de moins de 10 kg. Ce sont de petits poissons, souvent très voraces. La taille la plus représentative est comprise entre 10 et 20 kg c’est-à-dire entre 1,10m et 1,20m.  Une ignobilis de 30 kg, avec une taille d’environ 1,30m est un gros poisson. Il ne faut pas toujours se fier aux estimations loufoques de certains équipages !

À défaut de peser, mesurer avec un mètre est un bon geste. Une ignobilis de 40 kg, environ 1,40m est un très gros poisson et les prises de 50 kg ou plus, c’est-à-dire au-delà de 1,50m, sont des trophées, des records.  Ce sont des poissons rares. Ne jamais se fier aux photos montrant une ignobilis sur les genoux du pêcheur qui tient son corps en retrait ! Ajouter à ça un objectif particulier et on obtient une photo d’un monstre. Impossible de savoir si cette carangue fait 25 ou 50 kg… Je dirais qu’une véritable énorme prise n’a pas besoin de ces manipulations…

 La plus grosse ignobilis pesée officiellement faisait 72,800 kg, prise au Japon. Personnellement j’en ai pris une de 67 kg et j’en ai vu une ou deux de ce poids, voir plus grandes encore. C’était aux Seychelles et aux Îles Cook.

Comment se nourrit la Carangue Ignobilis ? 🍎

Alimentation : L’ignobilis est un véritable carnassier ! Son alimentation peut se tourner sur des crustacés mais c’est sur des bancs de fourrage qu’elle va orienter sa principale source de nourriture. La taille de ses proies est variable. Cela va du fourrage de 20 cm à d’autres poissons plus conséquents de plusieurs kilos ! J’ai vu une ignobilis de 20 kg se faire « exploser » par une autre carangue monstrueuse… Pour ces raisons, la taille des leurres pour viser une grosse prise peut être impressionnante. Des poppers ou sticks baits de 200g sont couramment employés.

L’ignobilis peut chasser en solitaire ou en meute. Le long d’une côte ou d’un récif mais aussi à l’approche des tombants et des cassures. Même si le spot est éloigné de plusieurs kilomètres du rivage. C’est un poisson aussi à l’aise sur les roches, le corail ou le sable. En apnée, j’ai assisté à des chasses d’ignobilis. Sincèrement, quand c’est tout autour de vous, la raison est de remonter rapidos dans le bateau. Oui, c’est dangereux…

Les saisons pour pêcher la Carangue Ignobilis 🌤

En jonglant sur l’hémisphère Nord et le Sud il est possible de pêcher toute l’année les ignobilis. Il faudra cependant retenir qu’une destination qui connait des grosses variations de températures d’eau peut avoir des saisons à prendre en compte, avec des moments totalement vides et d’autres où la pêche est excellente. Les destinations qui sont continuellement baignées par des eaux assez chaudes possèdent des populations d’ignobilis tout au long de l’année mais avec des moments plus intenses que d’autres.

Comportement de la Carangue Ignobilis 🐟

L’ignobilis est rarement solitaire. Elle peut évoluer de différentes manières. Parfois en petit groupe compact, généralement aux alentours d’une boule de fourrage, elle peut aussi faire partie d’un banc important mais clairsemé. C’est-à-dire que plusieurs dizaines d’individu vont évoluer sur une surface très étendue.  Elles investissent un récif, un tombant ou un plateau. Et il sera alors possible d’en observer sur une grande surface d’eau. Personnellement je pense qu’elles font parties d’un groupe commun puisqu’elles arrivent en même temps et disparaissent également en même temps ! Elles ont simplement des fins d’itinéraires différents.

Et puis il y a dans certains pays peu ou pas pêchés des concentrations impressionnantes d’ignobilis. J’ai vu de nombreuses fois à Djibouti et sur les îles extérieures des Seychelles des centaines d’énormes carangues,  en masses compactes ! A Djibouti ce phénomène ne concernait que les poissons de plus de 1,20m. C’était des poissons particulièrement actifs. A l’inverse, il est possible de trouver des boules d’ignobilis  plus en profondeur, accessibles au jig. Comme à Madagascar, au Cap d’Ambre où l’écran du sondeur était totalement saturé… Mais cela concerne le plus souvent des poissons petits ou moyens en taille.  J’ai aussi observé dans des endroits peu profonds des boules d’ignobilis en 3-4 kg. Ces boules se repèrent visuellement, par un changement de couleur. Un lancer ou deux suffit, l’intérêt est limité. Possibilité de ramener 2 poissons sur le même leurre !

   L’ignobilis peut vivre plus en profondeur mais c’est à l’approche de la surface qu’elle montre son caractère agressif ! Il est toujours impressionnant pour les néophytes comme pour les habitués de voir chasser les grandes ignobilis. L’eau gicle haut, la surface explose ! Les marées ont de l’importance. Toutes les phases sont potentiellement bonnes mais sur un immense récif à marée montante les ignobilis peuvent être d’un côté et passer sur l’autre versant lors de la marée descendante. Je l’ai souvent observé. Et puis selon les spots, le skipper ou le guide aura ses préférences, des choix de marées basés sur l’expérience.

Conditions météos

Au niveau de la météo, il y a quelques réflexions. Tout d’abord je tiens à signaler que sur des zones jamais pêchées ni dérangées, une mer totalement plate est aussi productive en touche qu’une mer agitée. Et le matin, le midi ou le soir c’est le même scénario : les attaques sont nombreuses. Par contre sur des spots pêchés régulièrement voir quotidiennement, la météo peut jouer un rôle. La mer plate sera compliquée à prospecter alors que l’arrivée d’un vent soutenu avec ses vagues va faire basculer la pêche du bon côté, comme à Oman. De même que les heures où la nature est calme, tôt le matin et tard le soir, seront plus propices.

Les ignobilis trop dérangées deviennent méfiantes et difficiles à faire mordre. Quand aux coefficients de marée, c’est l’éternel dilemme. Par petit coefficient, si les touches sont absentes il nous tardera d’avoir des marées plus fortes. Pour faire bouger le fourrage et les ignobilis. Et à l’inverse, quand les gros coefficients compliquent la pêche à cause d’un courant très fort, il nous tardera de retrouver des petites marées. C’est du classique.

Habitat & postes pour pêcher la Carangue Ignobilis 🏡

Si je raisonne de manière globale, sans tenir compte des spécificités d’une destination précise, les ignobilis peuvent se tenir sur tous les types de postes. D’1 mètre à 80 m de profondeur ! Récifs coralliens, hauts fonds rocheux, pointes de roche décalées, tombants, cassures, courants et contre courants, chenaux plus ou moins larges, fonds rocheux, sableux et même vaseux. Tous ceux que je viens de citer m’ont rapporté de grosses et très grosses pêches d’ignobilis aux 4 coins du monde !

Quand à l’habitat de l’ignobilis il reste lié à la zone tropicale et subtropicale. C’est une espèce qui peut se retrouver dans des profondeurs variables entre la surface et plus ou moins vers les 60 mètres de profondeur.  Par contre il faut impérativement que la zone soit marquée par un relief. Cela peut être l’approche d’une île, d’un récif ou d’une structure totalement sous-marine. Dans ce cas le sondeur sera une aide précieuse. Ce n’est pas un poisson à proprement parlé de pleine eau. Par contre un banc d’ignobilis peut se retrouver en poste 20 ou 30 mètres au dessus d’un relief profond. Une attitude en corrélation avec le fourrage.

Techniques & matériel pour pêcher la Carangue Ignobilis 🎣

L’ignobilis peut se pêcher de nombreuses manières. À la mouche, au lancer, au jig et à l’appât. Principalement en bateau mais avec quelques forts challenges du bord. La caractéristique est de pêcher solide si le but est de capturer de beaux poissons. L’ignobilis sait utiliser sa terrible force pour rejoindre le moindre obstacle et briser lignes et bas de ligne.

Pêcher la carangue ignobilis à la mouche :

Du bord comme en bateau, un ensemble en soie de 12 est hautement recommandé. Du bord la difficulté est d’avoir quelques occasions à une vingtaine de mètres du pêcheur. Sur les îles extérieures des Seychelles c’était fréquent, ailleurs c’est moins évident. Parfois sur un flat des îles océaniques une ignobilis passe le long de la plage mais le plus souvent vous avez la canne à bonefish en main, le temps de permuter et la carangue disparait. Lancer des poppers demande un peu d’expérience quand au streamers volumineux, lorsqu’ils se chargent en eau cela complique les lancers pour peu que le vent s’y mette. Du bord c’est aussi une pêche à poste. On attend l’occasion dans un endroit choisi. C’est excitant, j’ai réussi mais personnellement je n’ai pas adoré. En bateau la mobilité est un avantage. Souvent les spécialistes sont obligés d’utiliser une canne à lancer et un gros popper non armé pour teaser les poissons.

J’ai pris quelques belles ignos de cette façon mais je n’ai pas forcément envie de recommencer. En fait, on lance sur des cannes à mouche des imitations qui font plus penser à la pêche au lancer qu’à la mouche. Une question de gout. Ce qui est sûr c’est que le challenge est fabuleux. La confection du montage et des nœuds est déterminant dans une pêche où l’erreur est impossible. Côté armement de la mouche, j’ai vu qu’avec un montage à deux hameçons simples le résultat était nettement supérieur. Techniquement c’est intéressant !

Pêcher la carangue ignobilis au jig :

Je dirais qu’il y a deux actions de pêche.

La pêche au jig classique qui nous fait à un moment croiser quelques ignobilis. Ces prises éparses peuvent être très grosses. Dans ces cas là, la prise d’une ou deux carangues est un plaisir. C’est d’ailleurs ainsi que j’ai pris mon record à Djibouti : 67 kg ! Certains skippers sont capables de faire prendre énormément de carangues sur des boules de poissons à des profondeurs variables. Je dirais poliment qu’il faut aimer… L’intérêt me semble limité surtout qu’il y a de la mortalité inévitable. Chaque fois que j’ai croisé de telles concentrations j’ai demandé au skipper de changer de poste au bout de 5 ou 6 captures. C’est avec des cannes à jigs souples et légères que je me suis le plus amusé. 60 et 80 lb sont des équipements classiques. Les animations peuvent être rapides, lentes ou saccadées. Mais quand le bon geste est trouvé, les touches risquent d’être nombreuses.

Le slow jig, réellement efficace, est une technique plus douce dirions nous ! Inutile de mettre deux assist hook sur un jig, un seul hameçon est plus efficace. Et des hameçons relativement fins de fer apportent plus de réussite.

Pêcher la carangue ignobilis à l’appât naturel :

La traine lente en directe ou avec un down rigger est une bonne solution, comme la pêche en dérive. L’appât peut être un vif, un poisson mort ou une moitié de poisson. Le vif reste supérieur et un thonidé de quelques kilos est une arme terrible pour ferrer une grosse ignobilis. C’est une façon de pêcher qu’il faut réserver à des spots précis, difficiles à pêcher autrement et avec comme but la prise d’un très gros poisson. Attention, à mes yeux il est impératif et obligatoire d’utiliser des hameçons circulaires afin de pouvoir relâcher les prises. Le côté intéressant est de voir qu’un spot qui ne donne rien au leurre peut délivrer une paire de touche immédiate avec cette technique. À retenir…

Pêcher la carangue ignobilis au lancer :

C’est à mes yeux la technique Reine ! Un équipement de 50/60 lb est considéré comme léger mais cela permet d’utiliser de multiples leurres. À éviter pour la traque des très grosses ignobilis…

La catégorie lourde est hautement recommandée. 80/100 lb. Personnellement j’utilise des Tenryu dont des travels. Une canne de 100 lb n’est intéressante que si le frein du moulinet est serré à partir de 14 kg. Et avec un tel frein, je n’ai pas vu beaucoup de monde s’en sortir correctement. Je reste persuadé qu’il vaut mieux pêcher en 80 et utiliser son matériel comme il se doit. Le problème n’est pas dans le lancer mais il intervient lors des combats tendus avec des ignobilis de grandes tailles qui sondent sous la coque. A titre indicatif, tous les pêcheurs que j’ai croisé qui pensaient pêcher avec 20 kg de frein, n’avaient au final même pas 8 kg à la sortie du moulinet… Un conseil à retenir.

Les meilleurs leurres pour pêcher la carangue ignobilis

Les gros poppers sont largement préférés car ils produisent des attaques visuelles. Avec du spectacle à la clé. Pour les pêcheurs plus techniques, les gros sticks baits sont passionnants. L’attaque est sous-marine mais elle surprend par sa soudaineté et sa violence. Un gros leurre c’est 180/220 gr. Au-delà ce n’est pas vraiment adapté. La catégorie 120/160 gr est également excellente si la qualité du leurre est avérée. Un pêcheur ne doit pas forcer pour faire nager un popper. Si c’est le cas, c’est un leurre à ranger définitivement au fond de sa boite ! Les récupérations peuvent être rapides lorsque nous utilisons des flappers ou très lentes avec certains sticks. Tout peut marcher. On retiendra qu’il faut toujours garder sa ligne en tension et éviter de faire des cabrioles avec son leurre. Un bon pêcheur maitrise la trajectoire de son leurre du début à la fin. Le problème de ces équipements surpuissants c’est de gérer le ferrage. L’erreur classique est de voir le pêcheur ferrer puis il va perdre quelques petites secondes pour positionner sa canne dans son baudrier. Le fil se détend et le poisson se décroche. C’est du classique. S’il faut manipuler la canne, il faut le faire uniquement lorsque la carangue sort du fil du moulinet, en pleine traction. Avec les gros sticks, canne basse, il est intéressant d’apprendre à ferrer uniquement avec la ligne et le moulinet, en gardant la canne à l’horizontale. C’est un mouvement puissant qui demande un peu d’expérience pour être correctement exécuté.

Pêcher la carangue ignobilis du bord

Un mot sur la pêche du bord, au ras des déferlantes. C’est une technique ultra excitante mais dangereuse. Il faut s’approcher des vagues au maximum et lancer loin. Le frein doit être très fort et à la touche il faut s’accrocher. Mais c’est une des plus belles pêches que j’ai pratiqué. Peu de destination permettent ce genre d’exercice.

Si un harnais est inutile, le baudrier est vraiment recommandé. Et également un gant pour pouvoir lancer très fort sans se blesser le doigt. Un bas de ligne Nylon de 200/250 lb joue la sécurité. Quand aux hameçons triples, les séries monstrueuses ou hyper renforcées n’apportent rien de positif. Il faut du renforcé, dans des gammes 4/0 et 5/0, et ne pas tomber dans la démesure.  Les autres catégories de leurre comme les poissons nageurs sont moyennement efficaces. On se rappellera qu’un jour les gros poppers peuvent faire la loi et le lendemain ça sera les sticks. Il est bon de panacher les choix sur un bateau. A noter que pour la traque des grosses ignobilis, il n’est pas gênant d’être 3 voir 4 sur l’embarcation si celle-ci est suffisamment grande et vaste. Seuls les moulinets hauts de gamme apporteront fiabilité et solidité. J’utilise des Shimano Stella depuis longtemps et je ne changerai pas !

La recherche d’une Carangue Ignobilis record 🕵🏻‍♀️

Déjà je signale qu’une bonne moitié des grosses ignobilis vues sur les revues ou internet ne font pas le poids annoncé. Certains skippers sont même spécialistes de la question ! Je répète qu’une ignobilis de 30 kg c’est déjà bien gros et qu’une vraie « 50 kg » c’est une prise rare que la plupart des pêcheurs chevronnés n’ont jamais vu. C’est dit mais c’est important pour ne pas se tromper sur la difficulté de l’entreprise !

Mon record : 67 kgs à Djibouti

Vouloir capturer une énorme ignobilis est un but magnifique et possible. Il faut tout de même fréquenter des destinations où c’est du domaine réalisable, puis de croiser son chemin… Mais au-delà de ça, il y a une attitude à avoir. Celle d’être constamment optimiste, il faut y croire du premier lancer au dernier. Qu’importe si la pêche est dure, votre désir n’est pas dans la quantité. Un pêcheur assidu, qui s’applique non stop aura nettement plus de chance qu’un autre. Soigner chaque lancer, chaque trajectoire de leurre, c’est plus facile à dire qu’à faire pendant une ou deux semaines. Mais là est le secret. Et dans les temps mort, au camp, vérifier et refaire les nœuds, les montages, aiguiser les hameçons, tester le frein pour qu’au moment merveilleux de l’attaque le poisson soit correctement ferré.  Ne rien laisser au hasard.

Anecdotes de pêche de la Carangue Ignobilis 📝

Djibouti 2007. Cela fait 3 matins de suite que nous rentrons à 9h au camp… Les pêcheurs sont affalés dans le bateau, pas un mot. Un observateur pourrait croire à une totale désillusion, à un terrible échec. Il n’en est rien. Chaque fois le scénario se répète. A 6h nous partons à quelques minutes de là pour démarrer nos dérives. Selon le vent je positionne différemment le bateau. Nous sommes au milieu de rien, loin des îles, aucun relief sous la coque. Nous sommes 4 à lancer et d’entrée nos poppers disparaissent dans des gerbes d’écume aussi volumineuses que sonores ! Pas une ignobilis de moins d’1,25m. Les plus grandes atteignent et parfois dépassent les 1,50m… Comme il y a 40m de profondeur, chaque bagarre voit le poisson filer sur le fond. Les combats à l’aplomb du bateau sont destructeurs pour nos dos et nos bras. Triplés, quadruplés, lignes qui se croisent et se décroisent, tout s’enchaine ! De la folie, des moments rares mais qui se répètent en ces lieux ! 3 heures à ce rythme et tout le monde est KO. Plus personne ne lance malgré la présence des monstres tout autours de nous. Je regarde mes guerriers, ils sont out ! Il est temps de rentrer pour recommencer cet après midi ! Fabuleux…

Seychelles 2010. Il est minuit, la pleine lune éclaire la plage. Je marche lentement au ras des vagues et au milieu de cette nuit, je pêche à vue les grosses ignobilis ! J’en garde un souvenir merveilleux… les moustiques aussi d’ailleurs !

Madagascar, Nosy Be, 1993. À cette époque des ignobilis il y en avait partout le long des plages, autours des îles et îlots. En bateau évidemment, mais en pirogue, avec l’annexe et surtout du bord ! Il n’y avait parfois qu’à lancer. La plupart des combats se soldaient par une casse. Le matos de l’époque n’était pas celui d’aujourd’hui. Mais qu’importe, le poisson était là, en vrac ! Aujourd’hui le matos est ultra performant, les guides et skippers également. Mais sur ces côtes, aux pieds des villages, personne ne reverra ces spectacles incroyables…

À propos de l’auteur

Julien Derozier est un pêcheur aventurier qui a sillonné les 4 coins du globe à la recherche des plus beaux spécimens. Reconnu comme l’un des meilleurs guides de pêche francophones dans le monde, son sens de l’observation lui a permis de leurrer des milliers de poissons dans toutes les situations. C’est d’ailleurs son aptitude à noter méticuleusement tous les détails de ses sessions de pêche dans un petit livret qui a inspiré Grégory, co-fondateur de FishFriender, à imaginer le carnet de pêche intelligent qu’est devenu FishFriender. C’était il y a près de 25 ans, au confins de la forêt Gabonaise, au milieu des tarpons géants et des éléphants 🐘 🌴 🐟

Aujourd’hui, Julien nous livre ses expériences, ses anecdotes et son analyse sur certaines espèces qu’il a côtoyées. Loin d’être exhaustive, son approche peut être complétée par vos propres expériences. Si vous pratiquez une autre technique, ou que vous avez pêché cette espèce dans d’autres contrées, n’hésitez pas à compléter ce dossier 😊

Et pour aller encore plus loin, explorez les milliers de prises enregistrées par la communauté sur l’application mobile FishFriender pour comprendre où, quand et comment pêcher la Carangue à Grosse Tête.

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