La pêche du Silure (Silurus glanis)

Description du Silure 🤓

C’est le plus gros poisson purement d’eau douce en Europe ( à l’inverse de l’esturgeon ) et l’un des plus gros au monde. La morphologie du silure est étonnante avec une tête franchement massive qui peut représenter un tiers du poids du poisson, et un corps allongé, purement serpentiforme. Sa gueule est large, volumineuse et aplatie.

Sa bouche est largement fendue et pourvue de nombreuses petites dents assez acérées donnant un aspect râpeux au touché, d’où l’intérêt de mettre un gant pour se saisir d’un silure par la gueule.

Le silure glane a 6 barbillons dont deux de grandes tailles sur la mâchoire supérieure. Ces deux barbillons servent d’organe sensoriel et le silure les utilise pour toucher et analyser une proie ou un obstacle à identifier. Le silure étant capable de nager à reculons, ce côté tactile est donc mis en valeur en cas de danger détecté. Les 4 barbillons de la mâchoire inférieure sont nettement plus courts. La mâchoire inférieure est plus longue que la mâchoire supérieure.

La ligne latérale du silure est performante, toujours pour la réception des ondes et des bruits. Les yeux sont de très petites tailles. Les deux nageoires pectorales sont larges et développées. Les ventrales sont petites et curieusement la dorsale est minuscule. La nageoire anale est très longue, elle va de l’anus jusqu’à la queue ce qui représente chez le silure plus ou moins la moitié du corps.

La peau du silure est lisse et fait assez rare elle est dépourvue d’écaille. Un fort mucus, presque visqueux, recouvre l’ensemble du poisson.  La coloration du silure est très variable. Généralement le dos et les flancs sont assez sombres, avec une dominante de noir, de gris, de brun, de vert olive et avec parfois des teintes diffuses de jaune orangé. Rarement de couleur unie, on notera la présence de marbrures ou de tâches irrégulières.  Le ventre est nettement plus clair, entre le gris et le blanc. Il existe des silures albinos ou mandarins, des poissons qui ont une déficience au niveau de la pigmentation.

Où pêcher le Silure 🌍

Le silure glane a une aire de répartition très étendue et qui va grandissante depuis son introduction ou son apparition dans des pays où il n’existait pas à l’origine comme l’Espagne, l’Italie et également le sud de la France.

Espèce invasive ? Pas certain, en tout cas pas classée comme tel… Il était autrefois signalé entre le bassin du Rhin et celui du Danube mais sa répartition est en fait nettement plus grande. Aujourd’hui le silure est présent en Europe de la Grèce jusqu’à l’Estonie excepté dans les pays nordiques, Norvège, Suède, Finlande et nord de la Russie (bien qu’actuellement il soit observé de façon erratique dans le sud de la Suède et de la Finlande).

On le signale dans les bassins sud de la Mer baltique. On le retrouve de manière naturelle en Asie Centrale comme au Kazakhstan, dans les bassins de la Volga et de l’Oural. Il est également présent jusque dans les bassins de la Mer Noire ainsi que la Mer Caspienne.

Taille et poids du Silure ⚖️

Tout le monde a entendu parler d’un silure de 5 m de long pesant plus de 300 kg capturé dans le Dniepr. En fait l’information vient d’un scientifique fiable mais remonte aux alentours de 1670… Aujourd’hui aucune photo ne montre de manière certaine un poisson d’une pareille taille. Fantasme ? Pas si sûr. Si on prend en compte le nombre important de silure de 100 kg pris sur une année dans nos régions de France, Espagne et Italie où l’espèce n’existait pas il y a encore quelques années, comment ne pas croire que sur ses bassins d’origine le silure glane ait pu atteindre des poids incroyables… Une époque malheureusement révolue !

Un silure de 2 mètres, environ 50 kg, c’est déjà un beau poisson. A partir de 2,30 m, environ 80 kg, on est dans les gros silures. Et celui qui a la chance de capturer un sujet de 2,50m, environ 100 kg, aura pris un véritable trophée. Le record officiel est à 2,75m, avec un exemplaire en Italie et un autre dans le Tarn. À n’en pas douter, il s’en prendra un ou deux plus grands encore. Mais difficile de savoir jusqu’à quelle taille le silure glane peut grandir et grossir…

Comment se nourrit le Silure ? 🍎

Du temps de mon grand-père on disait que le brochet dévorait tout. Du temps de mon père c’était le sandre qu’il fallait éliminer car il mangeait tout. Aujourd’hui on entend que c’est à cause du silure qu’il n’y a plus de poissons… 3 exemples significatifs et 3 énormes erreurs ! Oui les carnassiers mangent du poisson mais s’ils en mangent c’est qu’il y en a ! Logique, non ?!!! D’ailleurs les eaux riches en silure sont des eaux riches en poissons de toutes espèces. Les postes changent, les silures peuvent investir des zones où autrefois il y avait des brèmes et des tanches mais ces brèmes et tanches existent encore. C’est juste qu’il faut les trouver sur d’autres postes, c’est tout. 

Le silure a une alimentation variée. Sa nourriture principale reste les poissons et de toutes espèces, y compris leur progéniture ! Ils apprécient les poissons gras comme l’anguille, la lotte et le poisson chat dont les épines aux nageoires ne les dérangent absolument pas. La taille de ces proies peut aller de quelques grammes à plusieurs kilos.

Puis le silure glane s’intéresse à tout le règne animal ! Les oiseaux d’eau mais aussi les pigeons comme on peut le voir sur des vidéos tournées sur un pont du Tarn à Albi. Bien sûr les écrevisses font parties du menu, une aubaine dans certaines eaux. Puis il y a les rats qui s’aventurent un peu loin des rives. Les grenouilles et les tortues également. Bref, les repas sont variés et parfois imposants mais absolument pas à une fréquence aussi élevée qu’il est parfois dit…

Les saisons pour pêcher le Silure 🌤

Le silure aime les températures d’eau relativement chaudes. Il peut alors se positionner régulièrement dans des postes peu profonds ou proches de la surface. En hiver il est nettement moins actif et disparait provisoirement des zones trop exposées à la lumière. De ce fait, il y a des saisons favorables et d’autres moins intéressantes. Ce qui n’empêche pas pour un connaisseur de ferrer des beaux silures en plein hiver.

Au moment de la reproduction, au printemps pour nous, les silures mangent moins et se piquent parfois par le travers sur les hameçons en se retournant sur nos leurres. Ce sont plus des attaques de dissuasion et d’agressivité qui n’arrangent ni le pêcheur ni le poisson ! Il est sensible aux crues et aux eaux qui se troublent, probablement pour la facilité qu’il a à se nourrir et également pour la présence d’une lumière plus tamisée. En eau sale, la précision et la rapidité de ses réactions sur une attaque de leurre sont spectaculaires. En France, pas de dates d’ouverture ni de fermeture, il faut cependant suivre la législation en vigueur sur l’ensemble des carnassiers.

Comportement du Silure 🐟

Pour avoir pêché le silure dans des zones au climat très différent, j’ai constaté que les comportements sont également très différents. Faire une généralité sur sa façon de vivre serait une erreur. Déjà sur une même rivière, le Rhône, les silures ne se comportent absolument pas de manières identiques dans le sud de la France, au niveau de Lyon et à l’approche de la Suisse. Je pense que la température joue un rôle important pour tenter d’expliquer le fait que sur le Rhône, un silure va chercher des zones oxygénées dans le sud de la France et au contraire s’en éloigner dans son parcours supérieur. C’est quand même radicalement opposé !

Le silure est un poisson grégaire, autant dans ses zones de repos que dans ses activités de chasse. Un poisson qui panique ou que l’on rate au ferrage peut entrainer la troupe loin du spot. Le côté territorial existe bien. Par contre j’ai remarqué sur des coins de chasse précis que ce n’était pas les mêmes silures qui venaient tous les jours. Parfois ce sont des gros, sans aucun plus petits à l’horizon et le lendemain ce sont des « petits » qui ont investis la zone de chasse. Un phénomène que j’ai également remarqué pour d’autres espèces dont le tarpon en Atlantique ! Ça n’empêche pas le silure d’être parfois solitaire mais cela ne dépend pas forcément de sa taille.

Le comportement des silures change selon son biotope. On voit à Albi des silures devenir spécialistes de la chasse aux pigeons ! Avec une technique de l’échouage digne de certains requins ! J’ai vu dans des endroits riches en grenouilles des silures venir fouiller tous les herbiers du bord à la recherche de batraciens. Et ainsi de suite…

Le silure, notamment les gros, sont assez agressifs pendant la période de reproduction. C’est assez commun et normal dans le règne animal. Mais vu la taille de ce poisson, son agressivité est nettement plus remarquée. Une reproduction qui intervient quand l’eau se réchauffe. J’ai observé que les prises notées au hasard du calendrier montrent que la lune noire semble meilleure que la pleine lune, je parle de pêche en plein jour évidemment. Les mouvements d’eau influencent beaucoup sur le comportement alimentaire, donc territorial, du silure. Les mouvements de poissons sont alors logiques. Derrière son image de grand prédateur, le silure est une des espèces les plus méfiantes. Il s’adapte à toutes les conditions et détecte facilement les pièges. Sa perception des bruits et mouvements l’aide beaucoup dans ce comportement de prudence.

Habitat & postes pour pêcher le Silure 🏡

Il ne faut pas confondre les zones de repos et les zones de chasse. Les silures habitent les zones de repos mais investissent temporairement les zones de chasse pour se nourrir. La journée les silures aiment se tenir dans des spots assez profonds et à l’abri des grands courants. Si des arbres morts sont présents, cela fera une cache évidente. Parfois dans un style colonie de vacances ! Si ce sont des blocs de roches, c’est pareil, ou derrière un obstacle comme une pile de pont. Du moment que le fond est relativement important par rapport au reste de la rivière.

Ainsi, un fond important peut faire seulement 2,50m ou 15 m, cela dépend du cours d’eau. Mais dés que le silure se met en mouvement, tous les cas de figure sont possibles. Personnellement je les recherche dans des endroits très peu profond et avec du courant. J’ai mes postes et ça fonctionne bien, surtout pour les très gros poissons. Mais je suis conscient que ces silures n’habitent pas là ! Ils viennent d’une « fosse » plus ou moins éloignée et ne viennent dans si peu d’eau que pour se nourrir. Par contre dans si peu d’eau, les silures sont d’une méfiance extrême et parfois le seul bruit du leurre tombant dans l’eau peut les faire fuir jusqu’au lendemain.

Au Kazakhstan, il était fréquent de voir des silures au repos dans très peu d’eau, lovés en boule sur un fond vaseux, en plein soleil. Il est certain que selon la fréquentation des rivières les attitudes et habitats du silure changent considérablement.

En France les silures sont actifs la nuit, il est alors possible d’en voir grâce à une forte lumière et on s’aperçoit que ce poisson est loin de sauter sur tout se qui bouge ! Je pense qu’il est capable de faire de longs trajets nocturnes puisque nous pouvons en apercevoir dans des zones très éloignées de la moindre cache sérieuse. Si nous sortons des postes basiques de ce poisson, il ne faut plus faire de généralité car il va s’adapter à une rivière et même à une partie précise de ce cours d’eau. Et là, ses postes et ses tenues favorites seront parfois imprévisibles. On notera qu’officiellement le silure n’est pas une espèce invasive ni problématique.

Les silures ne mettent pas en danger l’équilibre des rivières. Après, nous pouvons voir sur des vidéos de l’Allier avec quelle dextérité ils remontent à l’envers une passe à poisson pour dévorer un saumon, se faisant même aider par des congénères ! L’année dernière j’ai pris sur un tout petit poste un silure d’1,60m sur mon petit lancer. Je le relâche et il reste dans mes bottes. Puis je relance au même endroit et je prends un brochet de « 10 kg ». Je réussis à mettre les 2 sur la photo, amusant, et visiblement ils se supportent car ce type d’anecdote m’est arrivé plusieurs fois.

Techniques & matériel pour pêcher le Silure 🎣

La pêche du silure se résume principalement autour de la pêche à l’appât et la pêche au lancer au leurres, en bateau, en float tube, en canoë ou du bord.

Pêcher le Silure aux appâts naturels :

Deux pêches sont très pratiquées, avec des résultats importants. La grappe de vers et le fireball. La base est similaire. Ce sont des pêches verticales qui s’expriment bien avec l’aide d’un sondeur. Cela consiste à présenter des vers de terre xxl, parfois assortis d’une lanière de céphalopode, au ras du fond ou au moins au ras de la gueule du silure détecté par le sondeur et le guide. Idem pour la technique fireball qui utilise un vif plus ou moins vivant sur une monture type mort-manié amélioré. La qualité de lecture du sondeur sera déterminante. Ce sont des techniques prolifiques, pas de doute. Après, c’est personnel, ce sont ces deux techniques qui ont failli me dégouter de la pêche au silure ! Trop statique, trop de moments soporifiques à mon goût et un matériel souvent disproportionné.

On pêche plus fin les gros marlins, les ignobilis dans le corail et les pargos géants du panama ! Ceci dit, nombreux sont les passionnés de ces techniques et leurs résultats sont réels. Beaucoup utilisent la manière de mon pote Tanzilli, c’est-à-dire poser la canne dans le bateau et contrôler la ligne à la main. Le ferrage est particulier car il faut une bonne synchronisation entre le ferrage à la main et la récupération de la canne. L’emploi raisonnable d’un clonk peut s’avérer déterminant sur des poissons trop calmes. Le fait de taper le fond avec l’appât puis de le redécoller a également un certain pouvoir excitant sur le silure.

La pêche au vif, à l’ancre ou en dérive, est également une technique qui marche bien. Avec la possibilité d’écarter le vif de l’embarcation avec un flotteur. C’est une pêche classique au vif sauf que l’appât peut ou doit peser plus d’un kilo. La technique de la bouée est une variante qui consiste à utiliser une bouée bien ancrée et un cassant entre cette bouée et le montage. Du bord, à condition d’aller déposer le tout en bateau, c’est la possibilité de pêcher avec un énorme vif à poste fixe sans avoir à le lancer.

Après on peut se poser une question : pourquoi utiliser un matériel aussi fort alors que la prise d’un vrai gros silure se fait assez rare… De plus, monter au bateau un poisson en 2 ou 3 secondes me semble totalement dénué d’intérêt.

Pêcher le Silure aux leurres :  

La pêche au leurre a moins de rendement c’est clair mais c’est une technique nettement plus active ! Et du bord, adieu le sondeur et le clonk, l’instinct du pêcheur doit reprendre le dessus. Nombreux sont les leurres susceptibles de marcher.

Les grandes ondulantes restent intéressantes dans les endroits assez sauvages. Les leurres « vibrations » sont aussi à retenir mais attention le bruit du leurre est fort et les silures s’y adaptent très ou trop facilement. Les poissons nageurs sont toujours à retenir, dans des tailles importantes. Et là pas forcément besoin de frôler le fond. Et puis quelques pêcheurs ont montré le chemin avec les leurres de surface. A partir d’un float tube ou kayak. Une agréable bouffée d’oxygène ! Une merveille ! Au leurre la recherche des bons postes, qui diffèrent de ceux sélectionnés pour la pêche à l’appât, est importante. Pour ne pas tomber dans des séances de lancer/ramener très ennuyantes. On notera que les postes trop pêchés au leurre deviennent compliqués par la suite. Les silures savent analyser nos techniques et surtout nos bruits. Il faut de la variété et bien gérer ses parcours.

Ce que je déplore un peu c’est que peu de très bons guides français sortent de ces pêches classiques qui se résument selon la formule : appât/sondeur/vertical/gros matos. Alors que des passionnés s’éclatent en pêchant au leurre, même si le résultat est moins régulier.

La recherche d’un Silure record 🕵🏻‍♀️

Pour une fois, pourquoi aller au bout du monde chercher un poisson trophée alors que c’est en France que nous avons le plus de chance d’en capturer un ! Bien sûr il y a l’Espagne et l’Italie, mais la France est bien pourvue dans ces poissons hors normes. Côté Russie, les pêches intensives et le braconnage ont fortement contribuées à la diminution du stock de gros silures. À moins d’avoir un plan sans faille, ce n’est pas du côté de l’Est que j’irai !

En France il y a de fantastiques guides de pêche spécialisés dans les gros silures. Il faut juste bien suivre les conseils au niveau de la saison et des mouvements d’eau. Un tel poisson ne se capture pas le premier jour et souvent pas la première année ! En voulant se débrouiller seul, les bonnes rivières sont connues et du bord, en bateau, en float tube ou en canoë, tous les rêves sont permis. Un silure de 2m à 2,30m c’est franchement accessible même du bord. Au-delà, c’est loin d’être évident ni gagné. Normal pour un poisson trophée, il faudra de l’application et de la persévérance pour atteindre le but.

Anecdotes de pêche du Silure 📝

Années 2000, Lyon. Régulièrement je viens pêcher sur le Rhône, à Lyon, avec l’ami Tanzilli. À cette époque je n’avais jamais pris un gros silure, principalement parce que vers chez moi il n’y en avait pas et que les techniques de dérive à la grappe de vers ne me motivaient pas du tout ! Mais ces rendez-vous avec J.Claude et parfois Jacky étaient un immense plaisir. Un bonheur encore plus grand quand je dormais chez l’Homme Silure, sur son canapé, a écouter les histoires incroyables de cette vie mouvementée, parfois tourmentée. En fait je l’avoue, je préférais ces soirées que ces interminables journées de dérives, avec au bout de mon fil un paquet de vers que je trimbalais sans aucune motivation. Le résultat allait donc avec !

Et puis il y avait ces picnics, sur un quai, au détour d’un remous du Rhône et les histoires pas toujours halieutiques reprenaient de plus belle ! Quand aux dérives au cœur de Lyon, sur la Saône ou le Rhône c’était autant de leçon d’Histoire que pour une fois j’écoutais attentivement.  Je n’ai pas pris de grands silures avec lui, mais je me suis chaque fois régalé. C’est aussi ça la pêche !

Rhône, juin 2017. Je retrouve mon complice Marco pour 3 jours à traquer les gros silures du bord. De la pêche au lancer, au leurre, un régal ! Les rôles sont inversés, c’est lui qui me guide ! Premier matin, nous arrivons par un sentier couvert de ronce à un poste intéressant. Peu d’eau, du courant, des roches et de la végétation partout ! Depuis le temps que Marco insiste pour que je vienne prendre un gros silure, me voilà au bord de la rivière, je suis prêt. J’avance, le ciel est encore sombre, le jour se lève à peine. Je suis à la lettre les indications de mon guide. Mais là, les pieds dans l’eau, je suis surpris. Où lancer, dans la pénombre je distingue des troncs d’arbre partout. Un probable lâché de barrage. Marco me fait signe de lancer et là incrédule je réalise… tous ces troncs d’arbre sont des gros silures en surface !

Pas un poisson en dessous de 2 mètres, il y en a partout. Plus la lumière éclaire et plus je m’aperçois que tout est en mouvement ! Premier lancer, ma cuillère ondulante type chausse-pieds ne fait pas un mètre, bingo, c’est au bout et c’est gros ! Sur ma Diablo 60 lb j’en prends plein la vue. Superbe combat, un peu tendu du fait des roches et du courant. La bagarre dure, le silure est vraiment balèze. Nous l’échouons délicatement. C’est mon premier gros, il fait exactement 2,37m ! Séance photos avant la relâche. Le chien de Marco vient renifler la queue du silure qui d’une détente propulse le chien à l’eau ! Top ! je relâche deux autres poissons de 2 m+ et sur une ultime touche je manque de me faire vider. Malheureusement la bête se décroche, c’était me semble-t-il énorme… Ces deux heures de pêche ont fait de moi un nouvel adepte de ces gros silures, au lancer, du bord et au leurre !

Rhône, septembre 2018. Très tôt. Un poste à la Marco, casse-gu… pas un mètre pour reculer, des ronces de partout. Je pêche maintenant en 80 lb, avec la Quattro, ma canne à tarpon ! Premier lancer je ferre un monstre qui m’oblige à serrer fort le frein. Si le poisson dévale c’est perdu. A chaque coup de tête j’encaisse une décharge incroyable. Il y a là moins de 2 m d’eau ! La queue sort et claque en surface, c’est du sérieux. Pas facile à échouer, que de la roche.  Le jour se lève gentiment pour les photos et les mesures, ce silure fait 2,47m et reste à ce jour mon plus gros du bord. Deux ans après, pour cette année spéciale covid, j’en ai raté un au même endroit, il était énorme, vraiment énorme…

Il est venu claquer la queue en surface et a démarré dans le courant. Obligé de serrer très fort le frein, à la façon des ignobilis ! Et le silure s’est décoché… Pas grave, de toute façon je reviendrai…  Quinze jours plus tard, plus ou moins au même endroit, Marco explose son record du bord et au leurre avec un silure de 2,61 m ! Bravo mon guide !

À propos de l’auteur

Julien Derozier est un pêcheur aventurier qui a sillonné les 4 coins du globe à la recherche des plus beaux spécimens. Reconnu comme l’un des meilleurs guides de pêche francophones dans le monde, son sens de l’observation lui a permis de leurrer des milliers de poissons dans toutes les situations. C’est d’ailleurs son aptitude à noter méticuleusement tous les détails de ses sessions de pêche dans un petit livret qui a inspiré Grégory, co-fondateur de FishFriender, à imaginer le carnet de pêche intelligent qu’est devenu FishFriender. C’était il y a près de 25 ans, au confins de la forêt Gabonaise, au milieu des tarpons géants et des éléphants 🐘 🌴 🐟

Aujourd’hui, Julien nous livre ses expériences, ses anecdotes et son analyse sur certaines espèces qu’il a côtoyées. Loin d’être exhaustive, son approche peut être complétée par vos propres expériences. Si vous pratiquez une autre technique, ou que vous avez pêché cette espèce dans d’autres contrées, n’hésitez pas à compléter ce dossier 😊

Et pour aller encore plus loin, explorez les milliers de prises enregistrées par la communauté sur l’application mobile FishFriender pour comprendre où, quand et comment pêcher le Silure.

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