La Pêche du Thon rouge (Thunnus thynnus)

Description du Thon rouge 🤓

De la famille des scombridés, c’est le plus gros de tous les thons. C’est même un des plus grands poissons marins. A l’état juvénile c’est un poisson fusiforme. Puis son corps va devenir particulièrement robuste et musclé tout en gardant une silhouette parfaitement profilée. C’est un des poissons les plus denses et lourds. Son corps est recouvert de minuscules écailles.

Ses nageoires sont caractéristiques. La première dorsale est composées d’arrêtes vives, elle est totalement rétractable jusqu’à disparaitre dans une fente dorsale. La seconde dorsale est rigide dont la pointe est assez développée. Elle est suivie par 7 à 9 pinnules jaunes vifs bordées de noir. A noter la symétrie avec la nageoire annale également suivie de pinnules. La queue en croissant est rigide et dotée à sa base de plusieurs quilles latérales, une grande et deux petites. La nageoire pectorale est petite ce qui contraste avec les autres grands thons.

Le dos va du bleu au noir alors que les flancs sont d’un blanc argenté. Les petits thons rouges ont des flancs plus colorés.

Où pêcher le Thon rouge 🌍

Si on le signale dans le Nord du Pacifique, je n’en ai personnellement jamais entendu parler comme témoignage visuel. Je pense qu’il y a confusion avec une ou plusieurs sous-espèces de thons rouges. N’oublions pas que beaucoup de pêcheurs professionnels appellent «  thons rouges » les variétés qui ont une chaire rouge, ce qui n’est pas forcément synonyme du Thunnus thynnus.

C’est une espèce de l’Océan Atlantique qui par ses migrations couvrent un immense territoire. Sur l’Est Atlantique il est signalé de la Mauritanie à la Norvège en passant par les îles Canaries, Madère et les Açores. Il est présent sur l’ensemble de la Méditerranée et en mer Noire où il était très abondant par le passé. Actuellement il est de plus en plus signalé jusque dans les eaux froides d’Islande. Sur la côte Ouest Atlantique sa distribution va des Bahamas jusqu’au Canada, en Terre Neuve. Quelques thons sont parfois signalés plus au sud des Antilles, en mer des Caraïbes, jusqu’au nord du Brésil. J’y en ai moi-même pris un il y a très longtemps, qui avait du légèrement s’écarter de sa migration.

Taille et poids du Thon rouge ⚖️

En France, par le passé, il s’est pris des thons de plus de 300 kg. Idem en Italie. Il semblerait même que les professionnels en ont pris des nettement plus gros. Aux USA ils arrivent aussi à des poids importants mais c’est au Canada qu’il s’est toujours pris les monstres de l’espèce. Des poissons qui atteignent et dépassent les 500 kg !

Entre les côtes portugaises et les Açores, en passant par Madère et les Canaries, il s’est capturé et surtout perdu des thons rouges de tailles immenses.

On peut dire que jusqu’à 30 kg on parle de petits thons. De 30 à 100 kg ce sont des poissons de taille moyenne. De 100 à 250 kg ce sont de beaux et gros poissons. Et au-delà des 300 kg ce sont les monstres de la catégorie !

Chez nous en France le thon rouge revient pour notre plus grand plaisir. En Méditerranée les thons sont nombreux avec une moyenne de taille comprise entre 30 et 60 kg, et des prises régulières entre 60 et 100 kg. En Atlantique Sud nous retrouvons la quantité sur des thons de petites et moyennes tailles alors que du côté de la Bretagne et de la Manche les thons sont moins nombreux mais nettement plus gros.

Comment se nourrit le Thon rouge ? 🍎

Les thons juvéniles se nourrissent de poissons, parfois de crustacés, de calmars et de seiches. Les thons rouges adultes ont une nette préférence pour le fourrage, la sardine, le maquereau, le chinchard, le hareng et l’anchois. C’est un chasseur qui œuvre en groupe et n’hésite pas à s’allier ou profiter du travail des dauphins pour se gaver de poissons.

Sa manière de chasser peut être très spectaculaire et visuelle. Il explose la surface régulièrement et il lui arrive de sauter entièrement hors de l’eau. Les thons tuent beaucoup de fourrage et les oiseaux suivent de près ces groupes de prédateurs, un signalement qui intéresse les pêcheurs. Mais le thon est aussi capable de se nourrir en profondeur.

Les saisons pour pêcher le Thon rouge 🌤

Le thon rouge, comme tous les poissons migrateurs est sensible à la température de l’eau. Cependant il peut évoluer dans des eaux froides à tempérées (12° à 28°). Son système de migration n’est pas parfaitement connu, mais tend à le devenir grâce aux observations scientifiques menés en collaboration avec les pêcheurs (balises gps, ICCAT).

Beaucoup de thons de toutes les tailles restent sur les zones connues tandis que d’autres s’éloignent du groupe. Aussi, même dans ce que nous pourrions appeler du hors saison, certains thons rouges restent présents, et parfois en quantité.

La majorité des pays ont instauré des dates d’ouverture et fermeture et des systèmes de bagues ou de tags. Avec des périodes « no kill » et d’autres plus open. Aux USA, celui qui s’écarte du droit chemin aura très certainement, et pour le moins, une amende à 4 chiffres. Chez nous, si la législation est tout aussi stricte, le contrôle ne suit pas toujours. Pourtant de plus en plus de guides, skippers et pêcheurs relâchent l’intégralité de leurs prises quelque soit la saison.

En France on peut pêcher le thon rouge en « no kill » environ du 15 juin au 15 octobre, avec deux périodes où il est possible, pour ceux qui possèdent une bague, de garder un poisson (du 10 juillet au 30 aout et du 15 septembre au 5 octobre). Ces dates sont légèrement approximatives et elles peuvent changer tous les ans. Il convient donc de se tenir informé de la loi en vigueur sur le site de Legifrance. Il faut également que le thon gardé soit plus grand que 115 cm ou 30 kg.

Au même titre que la demande de bagues, la pêche du Thon rouge en No-Kill nécessite une demande d’autorisation de pêche de loisir auprès de l’administration. Cette demande peut être faite de manière individuelle par voie électronique sur l’application TELESISAAP après création d’un compte Cerbère. Il est également possible de transmettre votre demande en adhérant à une fédération de pêche reconnue par l’administration comme la FNPP

Aux Bahamas la saison correspond avec l’arrivée des eaux chaudes, en Mai/Juin. Au canada ça sera Juillet à Octobre avec des moments plus forts en Aout/Septembre. Les saisons existent donc, au niveau législation et au niveau présence. Il arrive que des migrations soient perturbées à cause des bateaux-usines qui les pourchassent, à cause du poisson fourrage qui n’est pas présent ou à cause de quelques degrés qui perturbent ces déplacements.

Comportement du Thon rouge 🐟

Le thon rouge est un poisson pélagique grégaire. Les petits thons se déplacent en groupes (ou bancs) compacts qui peuvent atteindre plusieurs milliers d’individus.

On a coutume de lire que plus les thons deviennent gros et moins ils sont grégaires. Je ne pense pas que ça soit exact. Comme toutes les espèces qui atteignent de grandes tailles, les gros thons se déplacent toujours en groupes mais beaucoup plus éparses. Pour preuve, lorsqu’un thon trophée est bagarré, il y a fort à parier que dans le secteur d’autres bateaux vont enregistrer des touches d’exception. C’est un classique chez les très gros poissons.

Le thon est un migrateur. Il y aura donc forcément un déplacement de masse, surtout que la migration du thon est l’une des plus longues qui soit. C’est une des rares espèces à traverser l’Atlantique au cours de ses trajets migratoires. Globalement la ponte se situe entre le printemps et l’été dans des lieux très divers. La présence de fourrage et les pêches intensives peuvent influer considérablement sur cette migration, ce qui est une menace pour cette espèce.

En 2 ans, un thon peut atteindre 10 kg et il met 4 à 8 ans pour devenir mature. Toutefois, cela dépend toutefois s’il vient de l’Ouest ou de l’Est. En effet, il semblerait que ce soit chez nous qu’il est le plus précoce car de l’autre côté de l’océan il doit atteindre plus de 100 kg pour être adulte ! Avec une maille Française à 30 kg, et en constatant que la majorité des poisson pêchés sont des juvéniles ou tout justes matures, le Thon est loin d’être une espèce « sauvée ». Les grands reproducteurs ne sont pas assez nombreux. Soutenir cet effort de sauvegarde est vraiment nécessaire pour accompagner ces poissons qui peuvent vivre 30 à 40 ans, si rien ne leur arrive avant…

Habitat & postes pour pêcher le Thon rouge 🏡

Le thon rouge a une faculté unique, celle d’avoir un sang souvent plus chaud que la température de l’eau, ce qui est d’un grand intérêt lorsque ce poisson s’aventure dans des eaux froides. Il restera tonique, puissant et il n’aura pas de mal à se nourrir et à chasser le fourrage.

Il semblerait qu’une grosse femelle revienne pondre là où elle est née, ce qui est intéressant pour sa sauvegarde. Cette ponte a lieu en pleine eau, en surface. Certaines zones de reproduction sont connues, comme toutes celle de Méditerranée. Une information à double tranchant qui permet de mieux les protéger, mais aussi de mieux les détruire…

Quand on sait qu’un thon officiellement bagué et analysé a parcouru en moyenne 60 km par jour pendant 4 longs mois, on peut conclure que son habitat est changeant !

Le thon rouge aime venir se nourrir dans des fonds de faible profondeur. Au Canada, aux Bahamas, en France, beaucoup de thon sont actifs dans seulement 30m d’eau, voir moins. Ils adorent monter sur les plateaux riches en poissons fourrages. Aux Açores, là où les fonds sont abyssaux, la pêche des gros thons se pratique toujours à proximité de la surface, là où vivent ses proies favorites. Mais parfois, en pleine saison, pour une question de météo ou de température de l’eau, les thons peuvent retourner temporairement plus en profondeur. Ils seront alors difficiles à localiser.

Dans certaines zones, les thons rouges peuvent venir à la côte ou nager dans des profondeurs si faibles qu’ils en sont totalement visibles. C’est le cas chez nous mais cela peut concerner de plus grands poissons comme aux Bahamas. Les thons rouges, les oiseaux et les dauphins font bon ménage et repérer un de ces acteurs peut permettre de retrouver les autres…

Techniques & matériel pour pêcher le Thon rouge 🎣

Pêcher le Thon rouge à la mouche :

C’est possible. Les thons chassent en banc et les petits sujets se laissent approcher sur une bonne manœuvre de bateau. Ils sont en surface, ils mangent et sont très proches du pêcheur. La théorie s’arrête là.

En pratique il faut un bateau ultra rapide, un skipper doué, une densité réelle de thon et ceux-ci doivent un peu coopérer pour plier la canne à mouche. Le pêcheur doit savoir lancer loin et rapidement. Le ferrage est puissant et si par chance le thon est au bout, mieux vaut que la soie soit bien rangée ! Il n’y aura pas de cadeau. Et ces recommandations sont valables pour des petits thons. Je ne parle surtout pas des autres ! J’ai pris de modestes thons à la mouche. C’est top, j’ai adoré, mais ça reste particulier… C’est donc à mes yeux une pêche d’équipe entre copains mais pas la meilleure technique conseillée pour le thon rouge. La soie de 12 et un immense backing sont obligatoires.

Pêcher le Thon rouge à l’appât naturel :

La pêche à l’appât a longtemps été la technique de référence, notamment pour les gros thons. Elle est toujours aujourd’hui la seule technique fiable pour capturer un gros thon dans les règles de l’art, à la condition d’utiliser une canne adaptée à cet exercice, une canne dite de traine. Cette canne doit avoir une action extrêmement raide. Les bonnes cannes utilisées par les meilleurs skippers ont des actions style « manche à balai » ! Que ça soit une 50, 80 ou 130 lb, c’est ainsi que se pratique la recherche des gros thons, des poissons trophées.

Pour les poissons plus petits, l’appât demeure une sacrée bonne technique, mais pas si simple que ça à mettre en oeuvre. Le fait de jeter une sardine à l’eau ne garantit pas le résultat. Un pêcheur qui propose un montage fin et soigné, avec une présentation parfaite aura énormément plus de touches et de prises.

Je l’ai vécu avec une pêche intéressante au broumé : 3 cannes tendues, des flotteurs, des hauteurs différentes pour les appâts. Des montages soignés et des belles bagarres à la clé. Sur ce même bateau, l’année suivante, une seule canne en main. Le bateau est en dérive, l’amorçage est régulier. Le jeu consiste à laisser filer une sardine au bout du bas de ligne et tenant le fil à la main. Pas de plombée, pas de flotteur, rien ne vient encombrer la dérive de l’appât. Une pêche passionnante et énormément de bagarres pour une seule séance. Le broumé est une technique assez française mais la pêche à l’appât à l’ancre ou en dérive est un classique dans le monde. Il est possible aussi de trainer lentement un appât, c’est encore une variante qui demande également de bonnes connaissances.

Pêcher le Thon rouge au lancer de leurres :

La pêche au lancer a explosé ces dernières années. C’est normal, on sort d’une pêche d’attente pour une recherche très active. C’est une technique qui permet de ferrer de nombreux thons rouges, plutôt dans des tailles raisonnables, 20 à 60 kg. Dans cette catégorie de prises, c’est certainement la plus belle façon de pêcher, surtout pour des amoureux de leurres.

Poppers, sticks, poissons nageurs, casting jigs, et autres leurres apparentés. Sur un bon bateau comme il en existe quelques uns en Méditerranée du côté de l’embouchure du Rhône, la séance de pêche ne laisse aucun temps mort. Le skipper et ses pêcheurs sont dans une recherche constante du moindre détail qui va trahir la présence des thons rouges. C’est très actif.

Quand au combat, il est musclé, parfois terrible. Le problème survient lorsque le thon ferré est un beau poisson, voir un gros poisson… Le scénario est souvent le même. On espère la touche et une fois en bagarre nous avons un court moment d’optimisme. Tout est beau. Puis vient la période de doute qui se transforme rapidement en une immense période galère ! Le pêcheur abandonne, son copain prend le relai. Puis il abandonne aussi. Jusqu’au skipper qui essaye d’appliquer les conseils qu’il donnait mais qui lui aussi va abdiquer. Et ainsi de suite ! Jusqu’à la casse inéluctable qui laissera des pêcheurs et équipage amorphe dans le bateau !

Oui je connais ce scénario, celle des trop grands poissons pélagiques pris sur des cannes à lancer ou à jig. En fait ce n’est pas très marrant car l’histoire se répète la plupart du temps. Mon premier thon en Méditerranée faisait 100 kg, et les 4 heures de souffrance pour le vaincre m’ont abîmé sauf que le lendemain matin, en toute naïveté, j’étais prêt à recommencer, on a parfois la mémoire courte…

Du côté de l’Atlantique Nord et de la Manche je salue amicalement la folie de ceux qui partent au combat, un combat presque perdu d’avance ! Ce qui cloche dans cette technique ce n’est pas la puissance de la ligne, ni la taille du thon. C’est uniquement la canne. J’ai testé une expérience sur les gros marlins au bout d’une canne à lancer. Comme les thons, c’est disons poliment, compliqué ! Lorsque la situation n’évolue plus, vous éloignez le bateau du poisson sur 300m. Vous coupez la ligne et vous la rattachez sur une canne de traine raide et sérieuse dont le moulinet à tambour tournant est à moitié vide. Un joli nœud, on mouline et on reprend contact. Parfois en 5 ou 10 minutes le poisson imprenable est déjà au bateau !

Le problème vient véritablement de la canne à lancer qui n’est pas adaptée à ces très gros poissons. L’action est vite saturée même sur une canne à lancer de 100 ou 130 lb. Dans d’autres coins du monde, les skippers ont réglé le problème en interdisant toutes cannes à lancer sur leur bateau ! Ceci dit, au niveau mental et physique, c’est une sacrée expérience !  

La recherche d’un Thon rouge record 🕵🏻‍♀️

Si l’on fait abstraction de la somme que cela va couter, la solution indiscutable est d’aller en Nouvelle Ecosse, au Canada, la patrie des thons record. Chaque année il se prend une belle quantité de monstres. Des poissons entre 300 et 500 kg.

Pas raisonnable de tout miser sur 3 ou 4 jours de pêche. Un problème météo et tous les rêves s’écroulent. 8 jours c’est la sécurité, encore faut-il pouvoir. Idem pour les gros thons américains ou des Bahamas, un bon bateau c’est une somme encore plus énorme que le thon dont on rêve inlassablement !

En France nous avons la chance d’avoir beaucoup de thons avec quelques gros sujets. En Méditerranée et en Atlantique il y a quelques très bons guides et skippers, alors la solution française n’est pas une mauvaise idée, loin de là. Sauf que l’aboutissement risque de prendre pas mal de temps !

Anecdotes de pêche du Thon rouge 📝

Camargue, septembre 2014. Sans faire erreur, toutes pêches confondues, c’est ma première sortie en Méditerranée ! J’ai pêché dans toutes les mers du monde et c’est seulement maintenant que je débarque avec mes cannes sur ce littoral français ! Et un poisson va me le faire payer cher… Journée broumé, en dérive. Matinée calme. En début d’après midi une explosion en surface, au ras du bateau me fait sursauter. Et là sous nos yeux décolle un extraordinaire espadon xiphias. En vain, je lui lance un popper.

Un peu plus tard la canne démarre, naïvement je pense à cet espadon. Franck lui ne se trompe pas et m’annonce que j’ai un thon rouge au bout de ma canne à jig.  La mer est belle, je suis comblé. Voilà bien un sentiment qui va évoluer au fil du temps… Je fais confiance au réglage de frein que me conseille Franck, le combat commence par une très grande quantité de tresse qui sort du moulinet. Puis le combat s’éternise. Parfois je ramène le thon à l’aplomb du bateau mais impossible de le remonter !

Et le temps passe, les certitudes s’estompent et le moral en prend un coup. Je sais que j’ai un gros poisson mais par expérience je sais aussi que c’est mal embarqué. C’est trop long. Et je souffre du dos. J’en bave et au bout de 3 heures je jette un œil au sondeur pour voir le thon toujours collé au fond ! Découragement total ! La nuit et le brouillard tombent lorsqu’enfin ce thon de près de 2 mètres arrive en surface. Vision magnifique, un thon rouge qui nage c’est tout simplement merveilleux. Un autre bateau nous assiste, geste sympathique de pêcheurs compatissants ! Nous gardons et baguons ce poisson et pour qu’il n’y ait pas suspicion, Franck l’annonce à la radio. Moi je suis out, mort. 4 heures de lutte acharnée pour mon premier coup de ligne méditerranéen…

Camargue en famille, 2015. Souvenir extraordinaire de deux matinées de pêche en dérive. Pêche à la sardine, une seule canne et le fil en main. Pêche tactile où il faut laisser partir le plus naturellement l’appât. Pas de plomb, pas de flotteur, juste un bas de ligne assez fin, un hameçon circulaire et une sardine. Parfois c’est même de la pêche à vue ! Flavie, 14 ans, capture son premier thon de 40 kg mais doit passer la canne pour le deuxième qui s’éternise sous le bateau. Martine à la photo et GoPro pour les souvenirs. Grâce à Franck et Jack je relâche 10 thons, des beaux, avec cette technique qui est captivante et qui ne laisse pas de temps mort au pêcheur. Mon expérience méditerranéenne me permet de serrer plus fort le frein et d’avoir des combats nettement mieux maitrisés. Il y a des chasses partout, un magnifique moment de pêche…

Embouchure du Rhône. Septembre 2017. Pêche au lancer avec Benjamin. Nous sommes tous les deux sur son bateau. Malgré une journée pas évidente nous sommes dans le coup ! Ses pêches quotidiennes lui font choisir la bonne direction. C’est lui qui plie sa canne en premier. Un joli poisson. Je pose mon lancer pour faire quelques photos. Mais soudain j’aperçois un petit remous en surface. J’ai vite fait de troquer mon appareil photo contre ma canne et me voilà attelé à un superbe thon ! Un doublé de copain. Je desserre un peu mon frein pour aider Benjamin à relâcher sa prise. Tout se passe bien sauf que mon thon a repris ses esprits et je recommence à zéro une bagarre qui était pratiquement finie !

Nous relâchons deux autres thons avec la satisfaction d’avoir bien réussi sur une journée annoncée difficile. Sur le retour, Ben annonce « peau bleu en surface », nous approchons le supposé requin qui en fait est un incroyable espadon nageant paisiblement. Nos leurres filent, je crois au miracle lorsque l’espadon suit mon stick mais là s’arrête mon rêve. Le grand poisson repart en profondeur… Dans ce décor de l’embouchure du Rhône, c’est un très beau souvenir.

À propos de l’auteur

Julien Derozier est un pêcheur aventurier qui a sillonné les 4 coins du globe à la recherche des plus beaux spécimens. Reconnu comme l’un des meilleurs guides de pêche francophones dans le monde, son sens de l’observation lui a permis de leurrer des milliers de poissons dans toutes les situations. C’est d’ailleurs son aptitude à noter méticuleusement tous les détails de ses sessions de pêche dans un petit livret qui a inspiré Grégory, co-fondateur de FishFriender, à imaginer le carnet de pêche intelligent qu’est devenu FishFriender. C’était il y a près de 25 ans, au confins de la forêt Gabonaise, au milieu des tarpons géants et des éléphants 🐘 🌴 🐟

Aujourd’hui, Julien nous livre ses expériences, ses anecdotes et son analyse sur certaines espèces qu’il a côtoyées. Loin d’être exhaustive, son approche peut être complétée par vos propres expériences. Si vous pratiquez une autre technique, ou que vous avez pêché cette espèce dans d’autres contrées, n’hésitez pas à compléter ce dossier 😊

Et pour aller encore plus loin, explorez les milliers de prises enregistrées par la communauté sur l’application mobile FishFriender pour comprendre où, quand et comment pêcher le Thon rouge.

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