Mes plus belles histoires de pêche à la Truite fario

Anecdotes de pêche à la Truite fario 📝

Terre de Feu, Janvier 1997

Aujourd’hui, avec mon pote Riri on se fait une pêche itinérante. On descend cette superbe rivière de plaine pratiquement jusqu’à l’embouchure. Le vent est violent, plus de 100 km/h ! Impossible de tenir la canne à mouche, on prend nos lancers. Image amusante où parfois en lançant de toutes nos forces, la cuillère atterrit derrière nous ! On rate une rivière pourtant bien large…

Après des heures de marche, nous arrivons très bas. J’ai relâché 4 farios de 60 à 75 cm. Et la récompense, je capture une superbe 8,4 kg que nous pesons avant de la remettre à l’eau. Puis là, sur un virage, à mes pieds, ma cuillère termine sa course et un monstre vient la bousculer devant mes yeux. Je suis figé, c’est énorme. Elle n’a pas vraiment pris mais elle a tapé la cuillère. Elle reste en surface une ou deux secondes et disparait. J’ai pris de très nombreuses truites de 8 à plus de 12 kg, mais là c’était vraiment autre chose ! Au moins 15 kg mais je ne le saurai jamais. Malgré les heures de marche, je reviendrai l’essayer plusieurs fois, en vain…

France

Curieusement toujours avec mon ami Riri, nous avons eu également un frisson. Une fario de 5 kg longe la rive, je l’essaye mais elle ne réagit pas. J’arrête et je signale à mon pote qu’une très grosse truite arrive droit sur lui. Soudain je le vois gesticuler, il se passe quelque chose. En fait la truite est arrivée sur lui mais elle a été chassée par un monstre ! Richard qui a énormément d’expérience m’annonce 10 kg mini. Je raterai cette truite une semaine plus tard. Sous la pluie. Elle a ouvert sa gueule démesurée sur mon petit poisson nageur et…raté. On ne l’a plus jamais revue.

Nouvelle Zélande, Janvier 1993

Notre tente est vite montée sur les berges de cette petite rivière de l’île du sud. Nous venons de terminer notre séjour au nord. Pour ce premier test côté sud, j’ai choisi ce petit cours d’eau d’après les infos d’un vieux livre. On dévale avec Martine jusqu’à l’eau et on remonte lentement. Ce gros ruisseau est magnifique, mais si peu d’eau… Sous un arbre je vois un joli rocher isolé. J’annonce que si des grosses truites existent ici, il y en a forcément une sur ce poste. Je pose délicatement un gros spent roux à ailes blanches en amont, la dérive commence et… c’est le rocher qui monte gober ma mouche ! Un truc de fou ! Bagarre monstre pour cette fario de plus de 4 kg. Dans si peu d’eau, on croit rêver… Et le rêve a continué pendant 3 mois !

France, Mai 2013

Ce coup de ligne sort de l’ordinaire. Je pêche un barrage naturel sur une grande rivière. Ce n’est pas la crue mais le niveau est très haut. Je lance un poisson nageur X 80 et au ras des roches. Aussitôt je ferre du lourd ! C’est une grosse fario qui roule en surface et qui démarre du mauvais côté. Malgré le frein fort, elle bascule derrière cette chute d’une dizaine de mètre de long.

Impossible de la suivre à cause de la végétation et des arbres morts. La tresse se coince dans une probable branche mais ça ne casse pas, ça coulisse encore. Je desserre mon frein, quelques secondes de réflexion et je bloque ma canne dans un buisson. Puis je cours à ma voiture à 300m de là. Comme mon radiateur fuit, j’ai toujours une grosse bouteille de 2l d’eau disponible. Je la prends, je la vide tout en revenant à ma canne. Rien ne bouge, je ne sais pas si la courbure vient du courant ou de la truite. Je coupe ma tresse et je l’attache à la bouteille puis je lance le tout à l’eau ! Stupidement elle se bloque dans ce barrage, qu’importe. Je contourne l’obstacle, je dévale en dessous de la chute et j’accroche à ma tresse libre un poisson nageur à longue bavette.

Je peigne le secteur, il me faudra une quinzaine de lancer avant d’accrocher mon autre bout de tresse ! Je ramène doucement, je fais un horrible nœud rapide, je mouline… Et ma truite est toujours là ! Cette fario faisait plus de 70 cm pour 3,650 kg, pour une fois je l’ai gardé et elle a fini au four, sur un lit de morilles !

Terre de Feu, février 2000

J’ai pêché pendant des années en Terre de Feu et je me déplaçais toujours un mois. J’ai pris des centaines d’énormes truites et j’ai connu des jours faciles et difficiles. Normal. Mais lors de cette journée avec J.Marc, on a vécu de l’incroyable.

Toutes, je dis bien toutes les grosses truites étaient en activité. Il y en avait partout, toutes plus grosses les unes que les autres. On a enchainé bagarre sur bagarre. A 2 nous avons relâché plus de 30 très grandes farios dans la matinée. Certaines venaient de la mer, d’autres de la rivière. J’ai même réussi un triplé d’exception, 3 farios de près d’un mètre sur ma petite canne à mouche. Des poissons de plus de 10 kg ! J’ai noté que nos plus petites prises dépassaient les 3 kg ! La folie a duré 2 jours complets. C’était avec mon ami Dan qui lui savait protéger sa rivière. Une époque récente malheureusement révolue…

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À propos de l’auteur

Julien Derozier est un pêcheur aventurier qui a sillonné les 4 coins du globe à la recherche des plus beaux spécimens. Reconnu comme l’un des meilleurs guides de pêche francophones dans le monde, son sens de l’observation lui a permis de leurrer des milliers de poissons dans toutes les situations. C’est d’ailleurs son aptitude à noter méticuleusement tous les détails de ses sessions de pêche dans un petit livret qui a inspiré Grégory, co-fondateur de FishFriender, à imaginer le carnet de pêche intelligent qu’est devenu FishFriender. C’était il y a près de 25 ans, au confins de la forêt Gabonaise, au milieu des tarpons géants et des éléphants 🐘 🌴 🐟

Aujourd’hui, Julien nous livre ses expériences, ses anecdotes et son analyse sur certaines espèces qu’il a côtoyées. Loin d’être exhaustive, son approche peut être complétée par vos propres expériences. Si vous pratiquez une autre technique, ou que vous avez pêché cette espèce dans d’autres contrées, n’hésitez pas à compléter ce dossier 😊

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